LITTERATURE AU MOYEN AGE

Le Moyen Age débute à la chute de l'empire romain pour se terminer avec les grandes découvertes, celle de Gutenberg en 1470 puis celle de Christophe Colomb en 1492 date du début de la renaissance.

Statut de Gutenberg à Mainz (Mayence)

La littérature française débute avec quelques cantilènes dont celle de Sainte Eulalie au IX ième siècle, la vie de Saint Léger et la passion du Christ au X ième siècle ainsi que la vie de Saint Alexis au XI ième siècle.

Mais la littérature francophone débute véritablement au XIème siècle avec la chanson de geste.

 Cliquez sur un lien ci-dessous pour accéder aux informations gratuites 

- LES CHANSONS DE GESTE

- LES ROMANS

- LES TROUBADOURS ET LES TROUVERES

- LES CHRONIQUEURS ET LES RHETORIQUEURS

- LE THEATRE

- LA BIBLE ET L'EGLISE

- LES SCIENCES ET L'EDUCATION.

LES CHANSONS DE GESTE

Avant Joseph Bédier, Gaston Paris ou l'allemand Wolf considèrent que les chansons de geste prenaient leurs sources dans les cantilènes et dans les chants populaires destinés à honorer les héros.

Joseph Bédier explique dans les quatre volumes des légendes épiques (Edition Champion 1908 - 1913)  que les chansons de geste prenaient leurs sources dans les pèlerinages et sur les routes qui y conduisaient.

Monsieur Pauphilet constate dans Romania en 1933, qu'avant 1100, les sanctuaires sont muets et que l'apparition des documents signalés par Bédier comme les inscriptions et les reliques se produisent aussitôt après, comme si c'était les chansons de geste qui eût invité les moines à rattacher à leur sanctuaire. Pour lui, les chansons de geste sont donc antérieurs aux pèlerinages.

Nous pensons que les pèlerinages étaient des moyens pour les sanctuaires de "faire de l'argent". Pour profiter d'un pèlerinage en faveur de son sanctuaire, il fallait deux conditions, d'une part des reliques suffisamment merveilleuses à vénérer (le vol des reliques entre sanctuaires, était fréquent dans le but de détourner les pèlerins destinés à d'autres sanctuaires) et d'autre part une "publicité" pour:

- justifier de la véracité et de la qualité merveilleuse de la relique,

- attirer les pèlerins situés à plusieurs centaines voir milliers de kilomètres du sanctuaire.

Cette publicité est la chanson de geste qui a été imaginée à partir de cantilènes et de chants populaires antérieurs. Elle est donc bien contemporaine des pèlerinages et de leurs routes.

 Les gestes peuvent être classées en quatre catégories:

Les gestes de Charlemagne

Elle est elle - même divisées en trois épisodes:

LES GESTES DE JEUNESSE

Berte au grand pied (XIII ieme siècle) du trouvère Adenet. Berte est la mère de Charlemagne.

Mainet (XII ieme siècle) Charlemagne encore enfant reconquiert son royaume.

L'EMPEREUR ET LE CROISE

Chanson de Roland (XI ième siècle) la première version daterait de 1100, la version connue actuellement est celle d'Oxford de 1160 avec des rajouts favorables aux Plantagenêt. Emile Mireaux publie en 1943, la chanson de Roland et l'histoire pour confirmer la thèse de 1933 exposée plus haut en matière de chanson de geste.   

Le pèlerinage de Charlemagne à Jérusalem (XII ième siècle) destiné à justifier l'origine des reliques remises dans une multitude de sanctuaire.

Aspremont (XII ième siècle)

Fiérabas (XII ième siècle)

Otinel (XIII ième siècle)

Guy de Bourgogne (XIII ième siècle)

LE DECLIN

Huon de Bordeaux (XII ième siècle)

La couronne de Louis (XI ième siècle) Louis est le fils de Charlemagne.

Les gestes de Guillaume d'Orange

Aliscans (XII ième siècle)

Aimeri de Narbonne (XIII ième siècle)

Girard de Viane ou de Vienne (XII ième siècle par Bertrand de Bar sur Aube)

Charroi de Nîme (XII ième siècle)

Couronnement de Louis (XII ième siècle)

Les gestes féodales

Renaud de Montauban (XII ième siècle) qui est devenu les quatre fils Aymon (XIII ième siècle)

La geste des Lorrains (XII ième siècle)

Raoul de Cambrai (XII ième siècle)

Girad de Roussillon (XII ième siècle)

Amis et Amiles (XII ième siècle)

Les gestes des croisades

La croisade contre les albigeois date probablement de 1210 puisque l'exposé des faits s'arrêtent en 1209 alors que la guerre contre les hérétiques du sud de la France, se termine en 1239

Chanson de Jérusalem (XII ième siècle)

Chanson d'Antioche (XIII ième siècle)

LES ROMANS

Les lais bretons entrent en France après la bataille d'Hastings de 1066. Elles concernent la légende du roi Arthur, un ancien chef de guerre gaëlique baptisé roi pour la légende. Les premiers écrivains connus sont Nennius au IX ième siècle et Gaufrey de Monmouth au XII ième siècle avec une Historiae Regum Britanniae mise en vers par Robert Wace en 1155 sous le titre de Brut.

Chrétien de Troyes reprend   la légende du roi Arthur et des chevaliers de la tables rondes entre 1160 et 1175 :

Tristan (1160) aujourd'hui perdu

Eric et Enide

Cligès

Lancelot ou la Charette (1170)

Yvain ou le chevalier au Lyon

Perceval ou le Graal

Au XIII ième siècle, Robert de Boron intègre définitivement dans la légende du roi Arthur le personnage biblique Joseph d'Arimathie qui aurait recueilli le sang du Christ dans un "récipient" appelé saint - graal.

Tristan et Iseult est l'histoire d'un amour impossible écrit par deux auteurs, d'abord Béroul vers 1150 et  ensuite Thomas vers 1170.

Aucassin et Nicolette est l'histoire de deux amoureux qui s'échappent de prison pour se marier à Beaucaire. Elle est écrite par des auteurs inconnus au XIII ième siècle.

Florie et Blanchefleur est l'histoire d'un chevalier qui trouve sa promise dans un palais d'un émir à Babylone et qui la ramène à son père pour l'épouser. Elle est écrite par des auteurs inconnus au XII ième siècle.

Les lais de Marie de France  (portrait à droite) sont écrits en français au XII ième siècle  par une femme qui vit en Angleterre, les plus célèbres sont:

le Chèvrefeuille

Bisclavaret

Les deux amants

le rossignol

Yonec et Eliduc

Ysopet

Le roman de Renard (XII et XIII ième siècle) est un bestiaire soit un roman satirique où les animaux remplacent les hommes avec leur qualité et leur défaut. Les auteurs connus sont Richard de Lison, Pierre de Saint Cloud, un prêtre de la Croix en Brie. 

Les lulucraires concernent les oiseaux.

LES ROMANS ANTIQUES

Le roman d'Alexandre écrit au XII ième siècle par Lambert le Tort puis remanié par Alexandre de Bernay est connu pour avoir été écrit en vers de douze syllabes. Des vers de douze syllabes portèrent alors le nom "d'Alexandrin".

Le roman de Troie est écrit en 1160 par Benoist de Sainte More

Le roman  de Thèbes (1150) d'Eneas (1170) et de Piramus du XII ième siècle sont d'auteurs inconnus.

Le roman de Jules César (XIII ième siècle) serait de Lucain.

LES FABLIAUX

La littérature du moyen - âge est riche en fabliaux, les plus connus sont:

Brunain, la vache au prêtre

Le chevalier au barizel

Estula

la housse partie (la couverture partagée) de Bernier

les trois aveugles de Compiègne

le vilain mire, Molière en tira le médecin malgré lui

le vilain qui conquit le paradis par plaid ( plaidoyer)

TROUBADOURS ET TROUVERES

   Ils se promenaient de château en château pour conter de la poésie courtoise et pour distraire les nobles en échange d'un repas. Au sud, ils s'appelaient les troubadours et au nord des trouvères. Ils se réunissaient en "académie" appelée puys pour concourir entre eux. Le puys d'Arras est le plus connu. Certains trouvères étaient des nobles eux - mêmes.

LES TROUBADOURS

Martial d'Auvergne

Bertrand de Born

Coquillard

Guillaume de Poitiers

Jauffré Rudel

Bertrand de Vaqueyras

Bernard de Ventadour  portrait à droite

LES TROUVERES

Gauthier d'Argier de Picardie

Conon ou Quesnes de Béthune

Jean Bodel

Jean de Brienne

Colin Muret qui était un homme du peuple

Guy II châtelain de Coucy

Gacé - Brûlé

Thibaut de Champagne

Ruteboeuf mort en 1286 a laissé la pauvreté de Ruteboeuf, la prière de Ruteboeuf, le dit de la Grièche d'Hiver, les ordres de Paris (satire contre les moines) la complainte de Sainte Eglise (satire contre les universités et l'église) l'Etat du monde (satire contre la société)

Partenopeus de Blois le roman de la violette et la châtelaine de Vergy

Renaut qui a lu Marie de France, a laissé Galeran de Bretagne (XIII ième siècle)

Jean Renart (XII ième siècle) qui a laissé L'escoufle ou Guillaume et Aélis.

LA POÉSIE

Chartier (1390? - 1439?) est l'auteur de Quadrilogue invectif et du livre de l'espérance

Eustache Deschamps (1340 - 1410) nous laisse le chat et la souris où il chante les exploits et le trépas de Du Guesclin

Froissart est un chroniqueur qui a aussi écrit Epinette amoureuse et Meliador

Guillaume de Machaut (1284 - 1370) nous laisse notamment jugements et voirdit

Charles d'Orléans (1391 - 1465) écrit des poésies durant sa détention en Angleterre; portrait à droite

Christine de Pisan (1363 - 1431) a défendu les dames dans:

Dittié à la louange de Jeanne d'Arc

La cité des dames

livre des 3 vertus

Ledit de la rose

Mutation de fortune

Le livre des faits et bonnes moeurs du roi Charles V

Villon (1431 - 1465?) était au sens réel un gibier de potence, son petit testament (1456) et son grand testament (1461) sont des chefs d'oeuvres truffés de calembours et de coqs à l'âne.

CHRONIQUE ET RHETORIQUE

LES CHRONIQUEURS

Commines (1445? - 1511) écrit ses mémoires sur son service auprès de Charles le Téméraire puis Louis XI entre 1488 et 1494.

Froissart (1337 - 1405?) laisse ses chroniques au service des rois de France entre 1373 et 1395

Joinville (1224 - 1405) a écrit une histoire de Saint Louis entre 1305 et 1309

Villehardouin (1164 - 1213) laisse ses mémoires sur la conquête  de Constantinople.

LES GRANDS RHETORIQUEURS

Georges Chastelain

Guillaume Crétin

Jean Lemaire des belges

Jehan Marot

Jean Meschinot avec "les lunettes des princes"

Jean Molinet

LE THEATRE

LES MIRACLES

Ce sont des pièces jouées sur le parvis des églises et des cathédrales pour conter l'histoire évangélique et des saints locaux.

Une quarantaine de miracles concernent la vierge. L'un des plus célèbre est "le tombeur notre dame" de Gauthier de Coincy. L'histoire fut reprise par Anatole France dans étui de nacre.

Le jeu de Saint Nicolas de Jean Bodel a été joué vers 1250 à Arras.

Ruteboeuf (13e siècle)  nous conte le Miracle de Théophile ou le saint vend son âme au diable et prie la vierge pour se faire délivrer.

LES MYSTERES

Le mot vient de ministerium soit office, c'est la représentation à partir du XV ième siècle  de l'ancien testament, du nouveau testament ou de la vie des Saints.

Le Mystère met en scène le mystère de la foi pendant plusieurs heures voir plusieurs jours. Les confréries étaient chargées de les jouer. Les confrères de la passion ont le privilège de jouer à Paris. Lorsque le 17 novembre 1548, le roi interdit le théâtre religieux (voir le XVI ième siècle)  les confrères de la passion jouèrent des mystères profanes jusque 1676.

Plusieurs centaines de personnes peuvent jouer ou être figurants.

Les plus célèbres sont ceux des frères Greban et la passion d'Arras d'Eustache Marcadé.

Jean Michel  (1486) reprend le mystère de la passion de Arnoul Gréban à Anger en 1486 et amplifie la deuxième ou troisième journée.

Certains mystères sont laïcs comme celui de la destruction de Troie,  du siège d'Orléans ou l'histoire de Grisélidis qui conte l'histoire d'un mari qui soumet son épouse rusée.

LE THEATRE COMIQUE

Le trouvère Adam de la Halle (1230 - 1286) dit le bossu d'Arras écrit le jeu de la feuillée en 1262 et le jeu de Robin et de Marion en 1280.

Nicolas Chesnaye écrit la condamnation de Banquet (1507) tiré du conte indien de Sindibad connu dès le XII ième siècle.

SOTTIES

Les acteurs habillés d'une robe jaune et verte et d'un bonnet aux longues oreilles, représentent les folies ou sottises humaines.

Pierre Gringoire (1475 - 1539) a écrit le jeu du prince des sots qui représente Louis XII (prince des sots) ayant facilité à se débarrasser de la mère sotte ( église) et de la sotte commune (peuple) Cette sotie est une arme politique au profit du roi de France contre le pape Jules II.

LES FARCES

Deux chefs d'oeuvres sont le cuvier dans lequel un mari benêt subie une épouse rusée et Maître Patelin qui conte l'histoire d'un avocat et de ses clients.

LA BIBLE ET LA RELIGION

LA BIBLE

Elle n'est pas traduite, il faut attendre Lefèvre d'Etaples pour sa traduction française (voir XVI ième siècle) Elle fait l'objet de satires et de conseils moraux:

1/ Bible de Guiot de Provins

2/ Bible d'Hugues de Béyé

3/ Le livre des manières d'Etienne de Fougères

4/ Le besant Dieu de Guillaume Clerc

5/ Le livre des quatre âges de l'homme de Philippe Novare

LES DEBATS DES VICES ET DES VERTUS

Le jeu est d'opposer le vice de la vertu :

La disputation du vin de l'eau

La  bataille de Caresme et de charnage

La disputation du corps et de l'âme

LA PRÉDICATION

Gerson (1363 - 1429) portrait à droite

Olivier Maillard (1428? -1502)

Cordelier Menot

LES ŒUVRES LIBERTINES CONTRE L'EGLISE

Antoine de la Salle écrit en 1455, Chronique du petit Jehan de Saintré et de la jeune dame de belles Cousines

Les quinze joies du mariage

Les cent nouvelles nouvelles

Jehan de Paris

SCIENCES ET ÉDUCATION

Les bestiaires (animaux)  les lulucraires (oiseaux) et les lapidaires  (minéraux) exposaient les connaissances scientifiques et philosophiques avec un esprit ludique.

Le bestiaire le plus connu est bien évidemment le roman de Renard

Le roman de la rose a été écrit successivement par deux auteurs, d'abord Guillaume de Loris (1200 - 1230) vers 1225, puis Jean de Meug (1240 - 1305) vers 1276. Ce roman expose l'état de la science à l'époque.

Le dit du perdrix est le lulucraire le plus complet

Le lapidaire expose les minéraux et leurs vertus pour la santé voir la chance, le plus célèbre est celui écrit par l'évêque de Rennes Marbode.

Les premières encyclopédies écrites en français sont image du monde (1247) de Gauthier de Metz et Trésor de Brunetto Latini de Maître de Dante.

Les ouvrages d'éducation sont des oeuvres de bonnes manières surtout pour les dames

Robert de Blois écrit le Chastiement des dames

Gervais de Brie, le Fauvel

Philippe de Maizières, le songe du Vergier

Guillaume de Piguleville, le pélerinage de vie humaine

PREMIÈRES TRADUCTIONS DES ŒUVRES ANTIQUES

Elles ouvrent la porte à la renaissance:

Pierre Berçuire traduit Tite Live en 1356

Niede Oresme traduit Aristote en 1370

Vasque de Lucène traduit Quine - Cure et Xénophon en 1470

Jean de Montreuil traduit Plutarque.

Site créé et édité par Frederic Fabre frederic@fredlit.com